Fonds en euros de la MACSF : hausse des frais de versement

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Ce n’est un secret pour personne, même s’il ne faut pas forcément les fuir, les performances 2016 des fonds en euros sont en net recul. Constatation qui n’arrange ni les assurés qui voient leur épargne stagner, ni les assureurs qui dans un contexte obligataire proche de zéro, voient néanmoins ces contrats leur coûter très cher…

La MACSF n’échappe pas à ce constat et a donc pris des mesures draconiennes vis-à-vis de son contrat phare : le RES mono support qui a encore rapporté 2,40 % en 2016.

Des mesures pénalisantes

Ce contrat populaire existant il y a plus de 40 ans a fait l’objet de 2 mesures destinées à inciter les sociétaires à aller vers la version multi support.

La fermeture à la souscription

Décision prise courant 2016, le contrat a été fermé à la souscription pour les nouveaux clients.

Cependant, les assurés possédant un contrat d’assurance-vie peuvent encore procéder à des versements de fonds.

Une hausse brutale des frais sur versement

Mais que ceux-ci soient bien prévenus : les frais sur versement (ou frais d’entrée), plafonnés jusque-là à 1 % vont être portés à 3 % à effet du 1er juin prochain. Alors, si vous aviez l’intention d’alimenter votre contrat en 2017, si vous le pouvez anticipez votre versement et faites-le avant le 1er juin.

Sinon, vous serez pénalisé et, sur la base du rendement 2016, vous perdrez ainsi l’équivalent de 15 mois de fruit de votre contrat ! En clair, il vous faudra patienter 15 mois pour reconstituer le capital versé…

Bon à savoir :

Si vous choisissez de transformer votre contrat en multi supports par le biais de l’amendement Fourgous, et donc d’investir 20 % des sommes détenues sur des unités de compte, les nouveaux versements effectués bénéficieront toujours de frais d’entrée à 1 %.

Un but : inciter les épargnants à se tourner vers la version « multi support » du contrat RES

La MACSF n’est pas un cas unique. Comme ses concurrents, elle s’est rangée aux souhaits des autorités de tutelles de l’assurance vie.

Banque de France et ACPR conseillaient depuis longtemps aux assureurs de modérer les rendements, de gonfler leurs réserves, en un mot de mettre fin à la guerre des taux et à la course au rendement qui prédominait ces dernières années.

La pression des autorités de tutelle

La pression de la Banque de France a semble-t-il été entendue des assureurs et ceux-ci n’ont maintenant qu’un but : limiter l’encours sur les fonds en euros et aiguiller les épargnants vers les contrats en unités de compte. A fin 2016, 79% des 1632 milliards d’euros étant investis sur les seuls fonds en euros

Les assureurs ne communiquent désormais plus sur le taux de rendement de leur fonds en euros, mais sur le PPB ou « taux de provision pour participation aux résultats » ou « intéressement aux bénéfices de l’assureur ».

En mettant en avant les capitaux provisionnés, les assureurs jouent maintenant la sécurité et justifient ainsi le fort mouvement de correction constaté sur les rendements 2016 qui a vu les taux s’apprécier à la baisse de 0,20 à 0,80 point.

Il convient de prendre conscience que les fonds en euros ne pourront plus désormais concilier comme dans le passé, sécurité et rendement attractif.

Désormais, les assureurs, tiraillés jusque-là entre le nécessaire besoin de modération des taux, et la volonté de rester compétitif vis-à-vis de la concurrence, ont tranché en faveur d’une politique réaliste de rapprochement des taux servis du rendement actuel des actifs obligataires.

C’est ainsi qu’apparaissent sur le marché de nouveaux contrats en euros dont le taux de base annoncé est de 0,80 %, soit un poil plus que le livret A…

Que les épargnants se le disent, investir sur les fonds en euros sera plus cher et/ou plus difficile. Rendement plus bas, frais d’entrée et/ou de gestion plus hauts, minimum d’investissement imposé, l’âge d’or des fonds en euros semble bien révolu, même si ceux-ci restent malgré tout un bon placement, du moins tant que l’État leur conserve les avantages fiscaux et successoraux qui y sont attachés…

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