Investir dans la cryptomonnaie : que faut-il savoir quand on débute ?

Créé début 2009 à la suite de la crise financière mondiale, le Bitcoin a été la première cryptomonnaie à voir le jour. Aujourd’hui, plus de 1 1 000 cryptoactifs représentent plus de 1 300 milliards de dollars américains de capitalisation boursière globale.

Monnaie Bitcoin crypto monnaie en argent dans le sol : Litecoin, Ripple, Monerd, pièce Ethereum
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Cryptomonnaie : un marché très volatil

Adulées par certains pour leur indépendance et critiquées par d'autres pour leur côté opaque et énergivore, les cryptomonnaies ne laissent personne indifférent. Il faut dire que le marché peut varier non seulement très rapidement mais aussi très fortement à la hausse comme à la baisse. En prenant I 'exemple du cours du Bitcoin, il ne faut pas craindre les montagnes russes au risque de vendre au son du canon.

En effet, ledit cours était de 0 à sa création, en 2009, puis de 287 € le 9 avril 2013, avant de perdre 83 % de sa valeur et de retomber à 39 € le 11 avril 2013, puis d'atteindre 1087 € le 5 janvier 2017, et 16 586 € le 17 décembre de la même année, avant de chuter à 2 775 € le 15 décembre 2018, puis de battre son record à 54 180 € le 14 avril 2021, avant de rebaisser à 27 378 € au 22 juillet 2021.

Monnaie virtuelle : Une absence de garantie

À la différence des monnaies de grandes zones économiques comme l'euro, le dollar américain ou le yen, la cryptomonnaie est une monnaie virtuelle qui échappe au contrôle des banques centrales. De ce fait, vous ne bénéficiez d'aucune garantie en cas de faillite de la plateforme d'échanges, à la différence des dépôts effectués auprès d'une banque en France, qui sont indemnisés à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement bancaire.

Toutefois, en cas de crise financière majeure, comme cela a été le cas en Grèce ou à Chypre, entraînant un contrôle de la sortie des capitaux et donc l'impossibilité de retirer à sa guise son argent de sa banque, le Bitcoin a été considéré comme un actif refuge.

En effet, la confiance dans la cryptomonnaie se renforce en cas de doute sur la monnaie officielle utilisée dans un pays et de défaillance de grandes banques, comme ce fut le cas avec Lehman Brothers, en 2008.

Un moyen de paiement parfois limité

Lorsque vous réglez en euro dans un magasin en France, le commerçant ne peut pas vous refuser ce moyen de paiement. En effet, le fait de vous l'interdire alors que l'euro est la monnaie légale dans l'Hexagone est puni d'une amende de 150 €.

En revanche, le paiement en cryptomonnaie peut toujours être rejeté, aussi bien par une entreprise que par un particulier. En effet, les cryptomonnaies ne bénéficient pas juridiquement du statut de monnaie, mais constituent des actifs numériques. Pour cette raison, le terme de « cryptoactif » est plus approprié.

Or, un cryptoactif peut être accepté lors d'une transaction comme moyen d'échange puisqu'il peut être transféré, stocké et échangé électroniquement. À ce jour, le Bitcoin, le plus connu des cryptoactifs, est accepté par certains commerçants en ligne mais l'est encore peu en France dès qu'il s'agit d'un paiement en magasin.

À noter :
PayPal accepte, depuis quelques mois pour sa clientèle americaine, le paiement d'achats effectués sur des sites marchands avec certaines cryptomonnaies (Bitcoin, Ethereurn, Litecoin et Bitcoin Cash). La conversion dans la monnaie de paiement retenue par le site est alors assurée par PayPal. Cette nouveauté devrait accentuer de façon notable la capacité de paiement en cryptoactif.

Comment acheter et vendre des cryptomonnaies ?

Les cryptomonnaies s'achètent et se vendent sur un grand nombre de plateformes spécialisées en ligne, mais de nombreux escrocs opèrent sur ce marché à l'aide de fausses plateformes. De ce fait, l'Autorité des marchés financiers (AMF) diffuse une liste noire des intermédiaires à éviter, consultable sur son site amf-france.org.

L'AMF a également mis en place un enregistrement des plateformes dénommées « prestataires de services sur actifs numériques » (PSAN) afin de leur permettre de fournir officiellement un service en France. Tel est le cas si le PSAN dispose d'installations dans l'Hexagone ou fournit un service sur actifs numériques à des clients qui y résident ou y sont établis. Le PSAN doit également demander un agrément à l'AMF s'il souhaite démarcher de nouveaux clients.

Si vous désirez investir en cryptoactifs, il vous est conseillé de passer par un PSAN au moins enregistré auprès de l'AMF et figurant sur sa liste blanche, consultable sur son site internet. Le fait qu'un PSAN soit enregistré auprès de I'AMF ne garantit toutefois aucun régime de protection spécifique pour l'épargnant.

Au contraire, l'agrément implique une protection comparable à celle applicable pour les autres produits d'investissement. Vous êtes simplement assuré que le PSAN dispose d'une assurance responsabilité civile professionnelle ou de fonds propres minimum, a au moins un dirigeant effectif, dispose de moyens techniques et humains suffisants ainsi que d'un dispositif de contrôle interne et, surtout, bénéficie de systèmes informatiques résilients.

Quels sont les risques de la cryptomonnaie ?

L'un des risques majeurs repose sur la sécurité du système de stockage des cryptomonnaies. En effet, les cryptoactifs sont stockés dans un réseau décentralisé d'ordinateurs situés dans de nombreux pays et dénommé « blockchain », ou dans des portefeuilles électroniques gérés par des plateformes ou par l'investisseur.

Or, ce système peut être victime d'attaques informatiques. Le piratage des portefeuilles électroniques contenant les cryptomonnaies a déjà entraîné la faillite de certains établissements, les cryptoactifs des investisseurs s'étant envolés. Les cryptoactifs peuvent également s'évaporer suite à une perte des données ou à la disparition du support de conservation.

L'autre risque majeur réside dans la constitution d'une bulle financière qui finirait par éclater et ruiner les personnes qui ont investi. Vu le nombre actuel de cryptoactifs, qui augmente chaque jour et qui fait perdre de l'intérêt au concept, il est fort probable que certains d'entre eux finiront par ne plus avoir aucune valeur.

Quelle fiscalité pour les monnaies virtuelles ?

Les plus-values réalisées dans le cadre d'une cession de cryptoactifs, qui ex- cèdent 305 € au cours d'une année d'imposition, sont soumises à un prélèvement de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, sans possibilité d'opter pour la réintégration des gains à l'impôt sur le revenu. En cas de moins-values, une déduction n'est possible que sur les gains réalisés la même année sur d'autres cryptoactifs.

À noter :
La plus-value ne se réalise que lors de la conversion du cryptoactif dans une monnaie légale, comme l'euro, ou lors du paiement d'un achat au moyen d'une cryptomonnaie.

L'échange de cryptoactifs entre eux ne matérialise donc pas fiscalement une plus-value.

Qu'est-ce que la blockchain bitcoin ?

Elle est l'aboutissement de recherches commencées dans les années 1980 par un groupe de personnes s'inquiétant des traces laissées par nos paiements sur internet et de la confiance accordée aux banques. La blockchain voit le jour en même temps que le bitcoin, à la suite de la crise des subprimes en 2008, où, sans le soutien des États, les erreurs des établissements financiers auraient entraîné la faillite de l'économie mondiale. Son fonctionnement est publié en 2009, sur Reddit, un site d'échanges de passionnés d'informatique, sous le nom de « Peer-to-Peer Electronic Cash System ». Le document original décrivant le système est accessible en bitcoin !

Doit-on inclure les cryptomonnaies dans la déclaration de succession ?

L'administration fiscale a ajouté les unités de compte virtuelles stockées sur un support électronique dans la liste des biens composant le patrimoine du défunt qui doivent figurer dans sa déclaration de succession.

Les cryptomonnaies sont donc soumises, le cas échéant, aux droits de succession. Afin de prévoir l'accès au portefeuille numérique crypté du défunt, il est conseillé de laisser à un tiers de confiance les éléments permettant d'y accéder, ce qui évitera la déperdition du cryptoactif.