Alors que le débat sur le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations, une donnée révélatrice permet de prendre la mesure de la pression financière ressentie par les Français : les dépenses contraintes. Loyer, énergie, assurances, abonnements… Ces charges fixes pèsent de plus en plus lourd dans le budget des ménages, souvent au détriment des loisirs, de l’épargne ou des projets personnels. Le comparateur lesfurets, en partenariat avec CSA Research, publie à ce titre chaque mois un indice des dépenses contraintes. L’édition de janvier 2025 dresse un bilan aussi instructif qu’inquiétant sur l’évolution de ces frais et leurs disparités selon les régions et les profils. Voici ce qu’il faut retenir.
Dépenses contraintes : un tiers du revenu des Français y passe
Une stabilité trompeuse : les Français dépensent 1143 € par mois pour leurs charges fixes
Une photographie précise des dépenses contraintes
Le comparateur lesfurets, en collaboration avec CSA Research, a publié la 7e édition de son indice des dépenses contraintes, un baromètre unique du budget que les Français consacrent chaque mois aux dépenses incompressibles : logement, énergie, assurances, transport, télécommunications, crédits et abonnements divers. En janvier 2025, ces frais s'élèvent en moyenne à 1143 € par mois, représentant 35 % des revenus nets mensuels des Français.
Une stabilité qui masque une précarité structurelle
Par rapport à mai 2024, ce budget n'a augmenté que de 10 €. Une apparente stagnation qui pourrait rassurer, mais qui en réalité traduit un pouvoir d'achat sous tension constante. Alors que certains prix, comme l'électricité, ont baissé, d'autres postes ne cessent de grimper, fragilisant les équilibres budgétaires des ménages.
Si cette stabilité d'une année sur l'autre peut sembler rassurante, elle met surtout en lumière la fragilité persistante du pouvoir d'achat des Français. Malgré une inflation contenue, aucune réelle amélioration n'est perceptible, les dépenses contraintes restant à un niveau élevé. La hausse des tarifs d'assurance accentue également cette pression budgétaire. Pourtant, il est essentiel de rappeler qu'il existe des leviers pour réaliser des économies sur ces postes de dépenses
Retrouvez tous les détails de cette enquête sur l'indice des dépenses contraintes lesfurets.
Des hausses ciblées en 2025
- Assurance auto : 91 €/mois (contre 85 € en 2024, soit +7 %)
- Mutuelle santé : 109 €/mois (contre 105 €, +4 %)
- Crédits à la consommation : 171 €/mois (contre 162 €, +5 %)
- Frais bancaires : 35 €/mois (contre 31 €, +12 %)
Mais aussi quelques allégements
- Logement : 638 €/mois (contre 642 € en 2024)
- Crédit auto : 189 €/mois (contre 195 €)
Des inégalités fortes selon les profils
Les 35-49 ans en première ligne
Les actifs de 35 à 49 ans sont les plus touchés : 1472 € de dépenses contraintes par mois, soit 46 % de leurs revenus. Un taux qui grimpe à 55 % pour les femmes CSP- de cette tranche d'âge. Cette catégorie supporte souvent des crédits immobiliers, des frais de scolarité, et d'autres charges familiales importantes.
Les plus précaires sous asphyxie financière
Chez les ménages les plus modestes, les dépenses contraintes peuvent représenter jusqu'à 80 % des revenus, rendant quasiment impossible toute forme d'épargne ou de dépenses discrétionnaires.
Les jeunes adultes adaptent leurs stratégies
Chez les 18-24 ans, le budget contraint a fortement baissé : 1050 €/mois contre 1275 € au printemps 2024. Cela ne représente plus que 32 % de leurs revenus. En cause : des loyers plus faibles (542 €) et un retour croissant au foyer parental, phénomène connu sous le nom d'effet "Tanguy".
Régions : les contrastes se creusent
Top 3 des régions où les dépenses sont les plus élevées /
RégionMontant mensuelPart des revenusAuvergne-Rhône-Alpes1278 €39 %Île-de-France1243 €31 %Normandie1235 €41 %
Le logement pèse lourd dans ces régions : 764 € à Lyon, 791 € à Paris. En Normandie, ce sont les énergies qui crèvent le plafond : 132 € de chauffage, 144 € de carburant.
La Bretagne reste la plus accessible
Avec 949 €/mois et 34 % des revenus dédiés aux dépenses contraintes, la Bretagne se distingue. Le coût du logement y est bien plus faible (574 €).
Les abonnements de loisirs : un poste non-négligeable
Une habitude de consommation ancrée
64 % des Français ont un ou plusieurs abonnements de loisirs (streaming, sport, jeux, cinéma...). Bien qu'ils ne soient pas inclus dans le calcul de l'indice, ils représentent une charge récurrente : 63 €/mois en moyenne, en hausse de 5 € par rapport à 2024.
Chez les couples avec deux enfants, ce budget grimpe à 90 €, et atteint 111 € pour les 25-34 ans.
Peut-on s'en passer ?
90 % des Français pourraient se passer de leur carte cinéma, 80 % de leur abonnement salle de sport, mais 37 % jugent impensable de renoncer à leurs plateformes de streaming (Netflix, Disney+, Prime Video).
Bref... un budget sous tension
En 2025, les dépenses contraintes continuent de capter plus d'un tiers du budget des Français. Si la moyenne nationale semble stable, les disparités restent importantes selon l'âge, la région ou le statut socioprofessionnel. Le logement, les assurances et les frais bancaires restent les premiers leviers à optimiser. Comparer ses contrats et suivre ses abonnements sont des gestes simples mais stratégiques pour reprendre le contrôle de son pouvoir d'achat.