La Gestion libre en assurance vie

gestion libre assurance vieSi les contrats basés sur des fonds en euros ne nécessitent aucune gestion, leur rentabilité de plus en plus faible fait qu’en 2015, et pour la première fois, l’épargne des français investie sur des contrats d’assurance-vie, a été placée majoritairement sur des unités de compte (UC) (soit 13 milliards € sur 24 collectés).

Et si globalement, sur la collecte totale représentant plus de 1580 milliards d’euros à fin 2015, environ 20 % seulement étaient investis sur des unités de compte, on assiste à une inversion de la tendance.

Ceci va amener l’investisseur moyen qui voudra conserver une rentabilité minimum à choisir entre les 3 modes de gestion des contrats en unités de compte et multisupport :

A l’inverse des autres modes de gestion, la gestion libre fait du souscripteur le gestionnaire direct de son épargne.

C’est lui qui décide sur quels supports il va investir et comment il va répartir ses investissements.

Ceci est particulièrement vrai pour les contrats souscrits directement sur Internet.

Gestion libre : le choix des actifs de votre allocation

Dans les contrats en unités de compte, ou dans les contrats multisupport, l’assureur vous garantit seulement un nombre de parts, mais pas la valeur de la part.

Ce rappel souligne, si besoin était, l’importance d’opérer une bonne sélection des supports d’investissement, non seulement à la souscription mais également pendant toute la durée du contrat.

Déterminez d’abord votre profil d’investisseur

Le souscripteur doit fixer avec précision le(s) but(s) qu’il poursuit en souscrivant son contrat.

En effet, constituer un capital, valoriser un capital existant ou le protéger, ne nécessitent pas les mêmes stratégies. Et la stratégie que vous adopterez dépendra de votre but.

Votre profil sera fonction de votre âge, de vos revenus, de votre situation familiale, mais aussi de vos habitudes d’investisseur, de votre acceptation ou non du risque, de la durée envisagée du placement, etc.

Un choix plus ou moins large

Selon les assureurs, l’éventail des fonds proposés à votre choix sera plus ou moins étendu.

Plus le choix sera vaste, plus vous pourrez diversifier votre placement, et donc en théorie diminuer le risques.

Par contre, il faut être bien conscient qu’un contrat simple à gérer ne présentera qu’un choix limité. A l’opposé, certains contrats du marché donnent accès à plusieurs centaines de supports très différents (fonds actions, fonds obligataires, trackers, etc.)

En général dans un contrat multisupport, à côté d’un fonds en euros (investis sur des obligations), vous trouverez souvent des OPCVM (Organisme de Placement Collectif de Valeurs Mobilières), regroupant des Sicav, des Fonds Communs de Placement, ou autres formes, dont l’investisseur achète des parts au cours du jour (la «valeur liquidative»). On peut également trouver un fonds en euros garanti à dominante immobilière et plus dynamique.

Les supports en unité de compte sont très variés, potentiellement plus performants, mais du fait de leur plus grande volatilité, ils sont sensibles à la fluctuation des marchés financiers, à la hausse mais aussi à la baisse.

Un mode de gestion réservé aux investisseurs confirmés

Du fait du risque de perte de capital, l’investissement sur des unités de comptes est à réserver à des investisseurs chevronnés qui ont un minimum d’expérience et de connaissance des marchés financiers.

C’est un mode de gestion d’une grande souplesse qui laisse un maximum de liberté au souscripteur, mais qu’il convient de parfaitement maîtriser pour pouvoir en retirer les avantages.

Une gestion souple mais exigeante

Outre de bonne connaissances financières, ce mode de gestion exige également du temps pour établir un suivi régulier de vos placements, et une bonne réactivité pour pouvoir apporter les correctifs indispensables en procédant aux arbitrages qui s’imposent au bon moment.

Ceci, même si le souscripteur dispose d’une panoplie d’outils destinés à lui faciliter la tâche :

  • outil de sélection des supports disponibles sur le contrat.
  • options d’arbitrage automatique : mise en place d’un système automatique de transfert d’un fonds sur un autre lorsque des critères fixés sont atteints (seuil, valeur, durée, etc.).
  • Stop-loss : outil de limitation des pertes qui permet de stabiliser la moins-value à un seuil fixé par avance et entraîne la sécurisation automatique des sommes concernées sur un fonds en euros.
  • «Investissement progressif», aussi appelé «transfert programmé» : option permettant de transférer progressivement, à un rythme régulier fixé, une partie du capital placé sur un fonds en euros vers des supports en unités de compte  pour obtenir un coût d’acquisition lissé sur une valeur donnée.
  • Sécurisation des plus-values : option souvent offerte dans les contrats gérés sur Internet, elle permet de sécuriser les gains obtenus en les écrêtant et en les versant sur un fonds moins risqué (fonds en euros par exemple).
  • Réallocation automatique : corrige les fluctuations des marchés et rétablit l’équilibre initial entre les différents fonds.
  • Dynamisation des plus-values : option destinée à transférer automatiquement les plus-values annuelles dégagées sur un fonds en euros pour les faire fructifier sur un fonds plus risqué.

Une gestion nécessitant une maîtrise des risques

Malgré ces outils, une gestion rigoureuse est nécessaire pour permettre de réinvestir les produits dégagés par les parts d’OPVCM (dividendes, intérêts, etc.) ou les plus-values enregistrées à l’occasion de leur vente.

En fonction du profil de l’investisseur et du but poursuivi, la stratégie recommandée par les professionnels variera :

  • Si vous êtes un investisseur prudent qui veut avant tout protéger ses avoirs, vous choisirez d’investir la majeure partie de votre capital sur des fonds en euros, ou des fonds à capital garanti ou protégé (du type fonds à formule).
  • Si votre but est plutôt de valoriser vos avoirs sans prendre trop de risque, vous engagerez vos capitaux de façon plus équilibrée en panachant votre allocation d’actifs entre actions et obligations (au sein de fonds flexibles, par exemple. Ceux-ci sont censés avoir de meilleures performances dans les marchés baissiers).
  • Les souscripteurs soucieux de faire fructifier rapidement leur capital privilégieront une gestion offensive avec une allocation majoritaire sur des fonds en actions.
  • tous les types d’investisseurs devront se renseigner sur les frais d’arbitrage qui varient d’un contrat à l’autre

Selon l’âge et la durée de l’investissement, une stratégie dynamique pourra être mise en œuvre au départ pendant un certains temps si les marchés sont favorables, afin des dégager un maximum de produits. Une stratégie plus défensive pourra être adoptée pendant les cycles baissiers, après avoir sécurisé les plus-values. Durant la période précédant la fin du contrat, une sécurisation sera de mise afin de ne pas prendre le risque d’une baisse brutale qui ne pourrait être compensée, faute de temps pour voir les marchés remonter.

Le conseil : si examiner l’historique des fonds que vous choisissez n’est pas un gage de sécurité, les performances passées donnent malgré tout une idée de la qualité des gestionnaires ; notamment la façon dont ces fonds ont négocié les creux des marchés en 2000 et 2008.

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