Comment choisir entre les différents profils de gestion ?

La baisse constante des taux obligataires amène de plus en plus d’épargnants à investir par le biais de contrats multisupport.

Mais la performance des assurances vie multisupport variera avec les supports financiers choisis. D’où l’importance pour l’épargnant de déterminer son profil de gestion en fonction de ses attentes et de son taux d’acceptation du risque.

choisir profil de gestionLes différents profils d’investisseurs

Pour aider les souscripteurs de contrat multisupport à déterminer le profil de gestion qu’ils doivent adopter, les assureurs ont définis divers profils-type.

→ En voici les 4 principaux et leurs caractéristiques.

Son objectif est d’obtenir un rendement un peu supérieur à celui des fonds en euros en prenant un risque très limité. L’investissement sur des actions variera de 0 à 30 % des sommes investies. La sécurité de son placement reste primordiale et son contrat est principalement investi sur les marchés obligataires donc sur les fonds en euros.

Ce type de profil est particulièrement adapté à des placements à court terme (maximum 3 ans).

Le profil « équilibré »

Il souhaite pouvoir profiter des performances des marchés financiers et accepte de prendre des risques plus importants mais limités et calculés.

La part des actions dans son allocation sera au minimum de 30-40 % jusqu’à 60-70 %. Le panachage de produits sécurisés et d’actions respectera une proportion voisine de 50 %. Dans cette formule, les actifs peu risqués assurant la stabilité, alors que les plus risqués et dynamiques concourent à la recherche de la performance.

Profil à recommander aux investissements à moyens termes (3 à 5/6 ans).

Le profil « dynamique »

Son but : valoriser au maximum le placement en acceptant une part de risque importante.

Le portefeuille est composé majoritairement, pour ne pas dire essentiellement, d’actifs risqués mais à potentiel supposé élevé (actions françaises, européennes, américaines ou asiatiques).

Ce profil à risque est à réserver à l’épargnant engageant son épargne à long terme (de 5 à 8/10 ans).

Il ne devra pas avoir peur de voir fluctuer son contrat avec des baisses parfois inquiétantes. C’est un profil risqué dans un contexte de marchés baissiers. Par contre, en cas de hausse, il sera des plus rémunérateurs.

Les actions occuperont au moins 70% jusqu’à 90% de son allocation et cette répartition devra se limiter aux risques acceptables à ses yeux.

Le profil « offensif »

Destiné à une clientèle avisée qui connaît bien les marchés financiers et en accepte les risques, ce profil est investi presque totalement sur des actions. Là aussi sur le long terme -ce qui permet en théorie au portefeuille de compenser les pertes subies et de retrouver sur la durée une situation plus favorable à l’épargnant.

À savoir : De nouveaux profils encore plus offensifs et donc plus risqués, sont apparus sous des dénominations diverses : par exemple « audace » ou « tonic ». Ils sont destinés à des investisseurs avertis bien au fait des marchés et de leurs vicissitudes et près à risquer leurs avoirs pour obtenir une progression rapide de leur capital.

 

Attention : Aucune règle commune ne définit ces différents profils et d’un assureur à l’autre on constate des disparités parfois importantes.

Quel que soit votre profil d’investisseur diverses solutions s’offrent à vous pour la gestion de votre contrat : la gestion profilée, la gestion pilotée ou la gestion libre, permettront à chacun de se décharger ou non sur l’assureur ou une société de gestion.

 

La gestion libre

En optant pour une gestion libre, l’épargnant y gère lui-même et seul son contrat.

Il détermine seul les supports sur lesquels il souhaite investir son argent, parmi tous ceux qui lui sont proposés par l’assureur.

Cela présuppose une bonne connaissance des produits et des marchés financiers et un suivi régulier nécessitant du temps.

Cela nécessite également de la réactivité pour procéder en temps opportun aux arbitrages indispensables pour rééquilibrer l’épargne répartie sur les différents supports choisis et ainsi anticiper les baisses ou profiter des mouvements haussiers.

La gestion profilée

L’investisseur qui n’a ni l’envie, ni les compétences ni le temps pour gérer lui-même son contrat peut en déléguer la gestion à l’assureur grâce à la gestion profilée.

Après avoir déterminé avec son assureur un profil d’investisseur, le souscripteur laissera la gestion de son contrat à un gérant (souvent une société de gestion) qui se chargera d’adapter la répartition des sommes investies entre les différents supports sur des fonds adaptés.

Ce type de gestion décharge complètement l’épargnant de tout souci. Le gérant prendra toutes les décisions en fonctions des analyses financières émanant de ses services et du niveau de risque accepté par l’investisseur.

Mais il est bon de savoir que l’investisseur ne maîtrise plus rien : ni la composition du portefeuille, ni l’évolution et les corrections à y apporter, tout est automatisé et le gérant applique les mêmes règles et les mêmes corrections à l’ensemble des clients ayant opté pour un même profil.

On peut reprocher à ce type de gestion un manque de flexibilité car l’automatisation du système fait que les fonds restent investis sur les marchés même en temps de crise. N’ayant pas accès aux fonds en euros, leur seul repli possible pour limiter les risques sont les produits monétaires. Enfin, les épargnants sont souvent un peu perdus et ne savent plus bien dans quoi ils investissent. De plus, les frais de gestion sont souvent majorés car peu de sociétés d’assurance apportent gratuitement ce service.

Comparer les différents contrats proposant une gestion profilée est impossible car les caractéristiques attachées aux différents profils « prudent », « équilibré », « dynamique » et « offensif » diffèrent d’un assureur à l’autre. Les variantes sont telles que le profil « dynamique » d’un assureur pourra correspondre au fonds « équilibré » d’un autre…

Enfin, certains assureurs proposent une allocation type figée dans le temps alors que d’autres auront des rééquilibrages automatiques réguliers.

C’est pourquoi, il est constaté une disparité assez conséquente des performances réalisées sur des contrats composés de fonds ayant cependant le même profil…

Il n’existe aucune standardisation et cela rend délicat toute tentative de comparaison des différents contrats à gestion profilés présents sur le marché.

Néanmoins, pour aider à y voir plus clair, il existe un indice qui mesure la volatilité des fonds profilés, c’est à dire leur plus ou moins grande tendance à varier à la hausse comme à la baisse. C’est le ratio « rendement / risque ». En théorie, plus les fonds sont investis en actions et plus la volatilité est élevée. Les organismes spécialisés dans l’analyse des performances des fonds estiment le ratio de volatilité en fonction des profils :

  • la volatilité des fonds « prudents » ne doit pas être supérieure à 6 %;
  • celle des fonds « équilibrés » doit être comprise entre 6 et 11 %;
  • pour les fonds « dynamiques », le plafond admissible ne doit pas excéder 18 %;

Ce ratio est le seul indicateur mesurant l’exposition d’un fonds au risque.

Mais aussi utile soit-il, il est très difficile de se le procurer car il n’est pas communiqué par les assureurs pratiquant ce type de gestion.

Bon à savoir : l’épargnant optant pour une gestion profilée a la faculté de modifier le profil sélectionné au départ à tout moment. Il peut ainsi passer d’un profil dynamique à un profil équilibré au fil des années, puis opter pour un profil prudent les années précédant la clôture de son contrat.

 

La gestion pilotée

Aussi désignée sous le nom de gestion « déléguée » ou « sous mandat », la gestion pilotée elle consiste à faire appel, pour gérer l’épargne investie, aux professionnels de sociétés de gestion réputées ( Lazard Frères gestion, Edmond de Rothschild AM, Oddo Am, etc.).

C’est votre assureur qui s’en chargera directement en confiant les rênes de votre épargne à la société de gestion partenaire de l’assureur, qui sélectionnera pour vous les supports d’investissement puis en assurera un suivi permanent en modifiant en conséquence l’allocation au fil du temps et des aléas boursiers.

Cette vision permanente des marchés permet d’anticiper les retournements et de diminuer les risques, ou au contraire de profiter des embellies pour capitaliser sur les marchés porteurs.

Cette gestion plus haut de gamme, auparavant réservée aux clients les plus fortunés, est maintenant accessible à tous pour un coût abordable.

Sa démocratisation a amené les assureurs à la proposer dès quelques milliers d’euros investis, et même moins pour certains opérateurs sur Internet.

Mais là aussi, ne vous attendez pas à une gestion personnalisée : elle est aussi basée sur des profils de risque client plus affinés, mais la gestion n’en est pas automatisée mais effectuée collectivement par des experts spécialistes de la gestion d’actifs et qui suivent l’évolution des marchés pour l’ensemble d’un groupe d’un profil donné.

L’expertise des gestionnaires assurant la qualité du choix des fonds et des arbitrages effectués.

Le coût d’une telle gestion peut être relativement élevé et plusieurs formules, forfaitaires ou non, ou proportionnelles aux résultats obtenus, sont proposées.

Bon à savoir :

Les sociétés chargées de gérer votre épargne par les assureurs gèrent aussi leurs propres fonds. Pour que les gestionnaires ne soient pas tentés de sélectionner une majorité de fonds « maison » pas nécessairement les plus performants, certains assureurs ont posé des limites. Ainsi, selon les assureurs, la part des fonds propres à la société de gestion est limitée à 35 %, d’autres à 25 ou à 15 % des sommes investies sur le contrat. Ce que bien souvent ne font pas les banques dont les sociétés de gestion privilégient les fonds « maison ».

Quant à la vraie gestion individualisée ou « dédiée », elle n’est possible que pour des patrimoines importants (plusieurs centaines de milliers d’ €) et dans des banques privées.

 

Les fonds à horizon

L’épargnant qui souhaite s’engager sur la durée peut privilégier les fonds dits « à horizon ».

En fonction de l’âge du souscripteur et de son choix de durée, la gestion du contrat évoluera automatiquement en fonction de la période, d’une gestion active vers une gestion plus sécurisée.

Prenons l’exemple d’un jeune cadre de 30 ans qui veut prévoir un contrat lui permettant de se constituer un complément de retraite à 65 ans. Ses versements réguliers seront au départ investis sur des supports plutôt risqués qui doperont les rendements en fonction de ses objectifs. Puis, avec les années, les gains seront sécurisés par une réorganisation progressive de l’allocation sur des supports moins risqués. Enfin, dans les quelques années précédant le terme du contrat, la totalité du capital sera investi sur des supports en obligations et sur fonds monétaires pour être complètement sécurisés tout en rapportant un minimum. En résumé, on peut comparer ce mode de gestion à celle d’un contrat qui passerait successivement d’une gestion à profil dynamique, à celle d’un profil équilibré et qui terminerait avec un profil prudent.

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