Fonds en euros en assurance-vie : explications

Les « fonds en euros » drainent environ 80 % des sommes investies en assurance-vie.

Zoom sur ce produit souvent méconnu (notamment sur son fonctionnement) et projection sur son avenir.

fonds euro assurance vieDéfinition du « fonds en euros »

C’est un support financier sur lequel le souscripteur d’un contrat d’assurance-vie mono-support (ou multi support pour une part) peut investir toute ou partie de son épargne.

Un contrat d’assurance-vie en euros est un placement dans lequel l’épargne est investie majoritairement en emprunts d’États et en obligations (avec 5 à 10 % d’actions et une part d’immobilier). Ce qui permet d’en garantir le montant. Cet équilibre peut varier en cours d’exercice, en fonction de résultats obtenus par le gestionnaire.

Ce type de contrat offre un mode de gestion sécurisée et une croissance du placement : l’assuré ne risque pas de voir diminuer son capital et les intérêts sont définitivement et automatiquement acquis par un effet de cliquet.

L’assureur garantit non seulement le capital mais la liquidité du placement qui peut être racheté à tout moment.

C’est sa sécurité et la régularité de sa rentabilité qui a fait le succès de ce type de placement qui représente une épargne globale de plus de 1200 Mds €.

Le fonctionnement du fonds en euros

Votre argent confié à l’assureur est investi majoritairement en obligations, emprunts d’États, et bons du Trésor. La plupart des contrats en euros courants sont investis en obligations françaises.

L’assureur encaisse les dividendes annuels (appelés coupon) des obligations (à taux fixe ou variable) et récupérera la valeur nominale au terme, soit à la date d’échéance prévue (minimum après 5 ans ou 10 ans, ou plus rarement plus). S’il réalise une plus-value à la cession, celle-ci sera affectée à un fond de réserve.

L’assureur est soumis à des règles de gestion très rigoureuses qu’il doit impérativement respecter. Il reversera à l’assuré une bonne partie de la marge nette réalisée sur les obligations en fonction de ses engagements contractuels et des normes légales qui lui sont imposées.

Avantages et inconvénient des fonds en euros

Les avantages :

  • un capital garanti (hors frais d’entrée) ;
  • un effet de « cliquet » qui sécurise les gains ;
  • un rendement régulier (revalorisation annuelle du capital. Taux moyen de l’ordre de 2,25/2,30 % en 2015 avant impôts et prélèvements sociaux) ;
  • une « liquidité » permettant le rachat sous un délai raisonnable ;
  • une garantie jusqu’à 70000 € (pour l’ensemble des contrats détenus par le déposant chez un même assureur).

Les inconvénients :

  • un rendement qui s’amenuise chaque année ;
  • une liquidité fonction de la solvabilité de l’assureur (en cas de problème rencontré par l’assureur, un gel temporaire des avoirs peut être décrété en application des dispositions légales).

Rendement des fonds en euros et calcul de la rémunération

Il découle des engagements contractuels de l’assureur et de l’application des dispositions du code des assurances scrupuleusement contrôlée par l’autorité de tutelle qu’est l’ACPR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution).

Il est généralement annoncé en début d’année pour l’année écoulée.

Il résulte de deux composantes :

  • le taux d’intérêt technique que l’assureur s’est engagé à servir pour l’année (si le contrat comporte un taux minimum garanti, celui-ci ne peut pas être supérieur à 85 % des bénéfices dégagés par les actifs gérés sur les 2 dernières années. cf art.A-132-2 code des assurances) ;
  • la participation aux excédents (soit au minimum 85 % des résultats dégagés et fonction de l’affectation ou non d’une part au fond de réserve. cf. art. A-331-3 et suivants du code des assurances).

À noter : une part des réserves pourra être distribuée pour améliorer la participation aux excédents (permettant un lissage des taux servis en période défavorable). L’ensemble des sommes mises en réserve devant être redistribuées dans le délai maximum de 8 ans.

 

EXEMPLE 

Pour mieux comprendre comment se calcule la rémunération, rien de mieux qu’un exemple.

Imaginons un assuré qui a placé une somme de 10000 € nette de frais d’entrée sur un fonds en euros.

Supposons un taux minimum garanti fixé à 2,5%. 10000 X 2,5 % = 250 €

Et une participation aux bénéfices fixée à 0,6 %. 10000 X 0,6 % = 60 €

De ce total de 310 €, vont venir se déduire les frais de gestion appliqués sur la totalité des fonds gérés (et en général compris entre 0,5 et 1 % du total). Retenons donc 0,70 %.

Les frais s’appliqueront donc sur la somme de 10310 € => 10310 X 0,70 %, soit 72,17 €.

Le bénéfice réellement acquis sera donc calculé de la façon suivante : 250 + 60 – 72,17 = 237,83 €.

Le taux réellement attribué par l’assureur sera donc de 2,37 %.

Mais le gain réalisé par l’assuré ne sera pas de 237,83 € car il sera soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 %. Le gain réel de l’investisseur se montera donc à 237,83 – 17,2 % (40,90) = 196,93€.

Le pourcentage de revalorisation réel des capitaux serait de 1,9693 %. Soit inférieur à 2 %.

 

L’avenir des fonds en euros

Les assurés font actuellement le constat d’un rendement moyen qui s’amenuise chaque année. A titre indicatif, ce tableau résume la lente mais inéluctable baisse de rendement des fonds en euros :

ANNÉE

RENDEMENT MOYEN des Fonds en Euros

2008

4 %

2009

3,6 %

2010

3,4 %

2011

3 %

2012

2,9 %

2013

2,7 %

2014

2,5 %

2015

2,25 -2,30%

2016

Prévision : 1,95 %

2017

?

evolution-taux-rendement-fonds-en-euros

En effet, la chute constante du taux des crédits, affecte durablement le rendement des obligations. C’est ainsi que, suite à la politique menée par la Banque Centrale Européenne (BCE), la baisse des taux d’intérêts se poursuit inexorablement, pour arriver à des taux très bas, voire négatifs (comme le taux de l’obligation allemande à 10 ans…).

Si l’obligation française à 10 ans, se maintient à 0,35 % trop longtemps, cela va obliger les assureurs à investir l’épargne collectée et le produit de la vente des obligations anciennes arrivant à échéance sur des titres à faible rémunération.

Comment alors faire pour servir aux assurés un taux satisfaisant ? C’est tout le problème posé aux assureurs qui sont poussés par leur autorité de tutelle à baisser très sensiblement leur rémunération des fonds en euros (on parle d’un taux moyen de 1,95 % pour 2016, baisse qui se poursuivrait sauf inversion des taux de crédit) et à encourager les assurés à investir sur des fonds en unités de compte.

Des assureurs commencent à proposer des fonds en « euros immobilier », basés sur 90-95 % d’immobilier (SCPI et OPCI), le reste investi sur des fonds en euros. Ces fonds essentiellement investis sur de l’immobilier professionnel (bureaux et centre commerciaux) assurent  actuellement une rentabilité variant entre 3 à 4 %.

Il est aujourd’hui crucial que les détenteurs de fonds en euros s’interrogent sur l’avenir de ceux-ci pour envisager et anticiper un mouvement de repli de leurs avoirs sur d’autres supports plus rentables.

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