Assurance-vie : le contrat multisupport

Le contrat d’assurance vie, premier instrument d’épargne des Français, peut prendre plusieurs formes.

contrat multisupportsS’il a eu longtemps la préférence des épargnants sous la forme des contrats en euros, par le biais des fonds en euros qui offrent un investissement sûr et un capital garanti, la baisse régulière du rendement des placements obligataires à amené les investisseurs à changer leur comportement.

Désormais, le contrat « mono support » en euros est délaissé au profit d’un contrat en unité de compte ou d’un contrat d’assurance-vie multisupport .

Les contrats multisupports : entre sécurité et prise de risque

Si l’on raisonne par rapport au sens des mots, un contrat sera qualifié de« mono support » ou de « multisupport », selon que les sommes investies sur ce contrat le sont sur un seul ou plusieurs supports financiers.

Dans la pratique, on constate que les contrats d’assurance vie « multisupport » proposent presque tous un actif en euros pour la sécurité.

Pour faire simple, on peut donc dire que le contrat multisupport est l’association au sein d’un même contrat, d’un contrat en euros et d’un contrat en unités de compte (même si un contrat présentant seulement la possibilité d’investir sur deux fonds en actions différents est bien un multisupport puisque permettant l’investissement sur deux supports différents).

Il apporte au souscripteur une part de sécurité grâce au contrat en euros (qui rappelons le, garantit le capital investi sur le fonds en euros) et une prise de risque calculée (en fonction de la part de l’investissement exposée sur le contrat en unités de compte).

Cette superposition des deux types de contrat ayant pour but la recherche d’une meilleure rentabilité.

Le contrat multisupport : une mixité au service de votre épargne

A l’inverse des contrats en euros ou en unités de compte, le contrat multisupport s’adaptera facilement au contexte financier du moment, pour protéger ou dynamiser votre épargne.

  • vous pourrez transférer votre épargne d’un support sur un autre sans être contraint de mettre fin à votre contrat ;
  • vous préserverez ainsi l’antériorité fiscale de votre contrat ;
  • l’enveloppe d’un contrat multisupport vous permettra de combiner à l’infini, en investissant sur autant de supports que vous en offre le contrat (certains en proposent plusieurs centaines) ;
  • elle vous permettra d’adapter votre contrat en fonction des périodes de sa « vie » (en sécurisant le rendement obtenu par les unités de compte sur le fonds en euros, ou, à l’inverse, en investissant les gains du fonds en euros sur des supports dynamiques pour profiter d’une tendance haussière des marchés) ;

En effet, en fonction du mode de gestion que vous aurez choisi et des options de gestion que vous aurez souscrites, votre contrat multisupport s’adaptera :

  • Que les marchés financiers soient favorables et des fonds jusque-là sécurisés sur le fonds en euros seront investis sur les supports plus dynamiques qui profiteront de l’embellie boursière.
  • Qu’un épisode baissier s’annonce, le gestionnaire ou l’investisseur lui-même, s’il a choisi la gestion libre, pourra sécuriser jusqu’à 100 % de l’investissement global sur le fonds en euros. Et votre investissement sera à l’abri, en attente de jours meilleurs, mais vous rapportera comme un contrat en euros. L’arbitrage n’ayant aucune incidence fiscale.

Une formule à privilégier

Notre conseil : A une époque où les contrats en euros sont de moins en moins bien rémunérés, n’hésitez pas à ouvrir un contrat multisupport, même si vous n’envisagez pas d’en utiliser dès à présent les supports présentant des risques.

Investissez votre argent disponible sur le fonds en euros. Il sera ainsi sécurisé comme sur un contrat en euros, mais vous aurez à votre disposition une enveloppe prête à recueillir vos placements sur des fonds plus dynamiques si le besoin s’en fait sentir. Tout en bénéficiant de son antériorité fiscale.

 

Prélèvements sociaux : les multisupports sont avantagés

Comme sur tout produit d’épargne, les gains réalisés sur un contrat d’assurance-vie sont assujettis aux prélèvements sociaux de 17,2 % (CSG au taux de 8,2 %, CRDS au taux de 0,5 % et prélèvement social et contributions additionnelles au taux de 6,8 %).

Les modalités de paiement de ces 17,2 % diffèrent selon les contrats :

  • pour les contrats en euros, les prélèvements sociaux sont décomptés chaque année au moment de l’inscription en compte des intérêts. La performance réelle de ces contrats est donc tous les ans réduite de 17,2 % : un contrat présentant un rendement (net de frais) de 5 % ne rapportera en fait au souscripteur que 4,225 %.
  • en revanche, sur les contrats multisupports, les prélèvements sociaux ne sont ponctionnés que lorsque le souscripteur retire (partiellement ou totalement) son épargne.

De ce point de vue, il est plus avantageux d’investir sur le fonds en euros d’un multisupport plutôt que sur un contrat en euros classique : dans le premier, l’épargne continue à fructifier sans que les prélèvements sociaux soient déduits.

Du fait de la capitalisation « en boule de neige » des intérêts, le capital obtenu à terme est plus important.

En conclusion, quel est l’intérêt des multisupports ?

Comparés aux contrats monosupports en euros, les contrats multisupports proposent trois avantages majeurs :

1) Ils permettent dans un premier temps un investissement diversifié en fonction des objectifs du souscripteur :

  • si ce dernier privilégie l’aspect «  sécuritaire », il peut opter pour des supports sécurisés et placer ses primes sur le fonds en euros proposé par l’assureur ;
  • s’il désire une prise de risque plus accrue, il peut se reporter sur des supports plus dynamiques de types actions (SICAV et FCP) ;
  • pour équilibrer prise de risque et sécurité, il peut associer, au sein d’un même contrat, fonds en euros et unités de compte.

2) Ils autorisent ensuite une gestion dynamique du contrat.

Sous certaines conditions, le souscripteur a la possibilité de transférer, en cours de contrat, tout ou partie de de son d’un support vers un autre. En terme technique, on appelle cette opération de transfert « arbitrage ».

L’arbitrage permet de ne pas figer les placements décidés lors de la souscription et de les faire évoluer en fonction des fluctuations des marchés financiers ou de considérations propres au souscripteur.

Par exemple, il peut être utilisé pour :

  • porter vers le fonds en euros des plus-values obtenues sur un support actions : les gains seront ainsi à l’abri sans aucune ponction fiscale ;
  • sortir en partie du fonds en euros sécurisé et orienter l’épargne vers des supports plus dynamiques.

À noter sur « Les arbitrages »  : Les conditions d’arbitrage sont définies dans les conditions générales du contrat.

Selon les assureurs, leur fréquence est limitée. Certains n’autorisent, par exemple, qu’une opération par mois.

La procédure est en principe écrite : le souscripteur indique par courrier recommandé les supports délaissés, les montants transférés et les nouveaux supports choisis. Certaines compagnies acceptent désormais des arbitrages via Internet à condition qu’une signature électronique ait été préalablement validée.

Les délais d’exécution des arbitrages sont variables, Attention, ils peuvent être très longs : dans certains contrats, les ordres ne sont exécutés qu’au dernier jour ouvré de la semaine de réception de la demande.

D’autres sont plus réactifs (notamment ceux souscrits sur Internet) et raccourcissent les délais à un jour.

3) Enfin, les multisupports ont des perspectives de gains à moyen/long terme plus élevés.

L’accès à des supports boursiers et la possibilité de réaliser des arbitrages offrent des opportunités de rentabilité intéressantes.

Important : l’épargnant ne doit pas oublier que les supports en unités de comptes sont risqués : il peut donc perdre une partie de son capital (voir aussi : les contrats DSK).

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