Le conjoint survivant dans la succession

Portrait de Lionel Verdy, directeur de la publication
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Directeur de la publication et des partenariats

La succession en présence d’un conjoint survivant sans descendants ni ascendants

Néanmoins, la part réservée au conjoint survivant dépendra de la présence d’autres héritiers et de leur degré de parenté avec le défunt. Une assurance décès permet de lui garantir un capital en dehors de ces règles. Les droits du conjoint dans une famille recomposée obéissent à des règles propres.

Attention : Ne pas confondre Partenaire de PACS ou Concubin et conjoint survivant.

La règle

Si le conjoint survivant, en l’absence de descendants et d’ascendants, est seul à hériter, il recueillera l’intégralité du patrimoine du défunt.

Les autres proches du défunt seront ainsi exclus de la succession : grands-parents, frères et sœurs et autres collatéraux n’auront droit à rien.

Les exceptions à la règle

Deux exceptions viennent moduler cette éviction. 1. Le droit de retour

C’est le droit reconnu par l’article 757-3 du Code civil aux frères et sœurs du défunt de revendiquer le retour dans la famille de la moitié des biens que le défunt avait reçus de ses parents ou de ses autres ascendants, par succession ou donation.

Il en est ainsi des objets d’art, meubles et immeubles issus de la famille du défunt. Ainsi, une maison donnée par les parents reviendrait à 50 % aux frères et sœurs qui constitueraient donc une indivision avec le conjoint survivant.

Mais ce droit a une limite : il ne s’applique qu’aux biens demeurés en nature dans le patrimoine de la personne décédée et ne concerne pas ceux qui auraient été vendus. 2. La créance alimentaire des grands-parents Elle est prévue par l’article 758 du Code civil au profit des seuls grands-parents du défunt qui se trouvent dans le besoin. Dans ce cas, lorsque le conjoint survivant recueille la totalité ou les trois quarts de la succession, la pension alimentaire sera payée par la succession.

La succession avec un conjoint survivant et des descendants

Si le défunt avait des descendants (enfants), il y a partage du patrimoine du défunt selon deux cas de figure.

Si les enfants sont nés des deux époux

Le conjoint survivant a le choix entre l’usufruit de la globalité du patrimoine ou le quart en pleine propriété (si un héritier le lui demande par écrit, il dispose de 3 mois pour choisir, faute de quoi il est réputé avoir opté pour l’usufruit).

À noter : L’usufruit peut être converti en rente sur demande du bénéficiaire.

Selon ce pour quoi il aura opté, les enfants recevront soit la nue-propriété de l’intégralité du patrimoine du défunt, soit les 3/4 en pleine propriété.

S’ils ont reçu la nue-propriété, ils hériteront en pleine propriété au décès de leur 2e parent après extinction de l’usufruit.

En outre, le conjoint survivant se voit attribuer le droit d’occuper le logement du couple.

Si les enfants sont nés de différentes unions

Pour éviter les problèmes avec les enfants provenant d’union(s) antérieure(s) du défunt, la loi impose d’office un partage.

Le conjoint survivant hérite du quart de la succession en pleine propriété, les enfants se partageant la propriété des 3 autres quarts.

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La succession avec un conjoint survivant et des ascendants

En l’absence de descendance (enfants ou petits-enfants venant aux droits de leur père -ou mère- prédécédé), si le défunt laisse des parents, ceux-ci viendront prendre part à la succession. Le patrimoine du défunt sera alors partagé en fonction du nombre de parents encore en vie.
  • En présence des deux parents en vie, le conjoint survivant hérite de la moitié du patrimoine en pleine propriété, l’autre moitié étant attribuée aux parents pour un quart chacun.
  • Quand un seul des parents du défunt est encore en vie, il lui est attribué un quart de la succession en pleine propriété. L’autre quart venant grossir la part du conjoint qui hérite donc des trois quarts du patrimoine de son conjoint décédé.
À noter : Les parents bénéficient également d’un droit de retour sur les biens meubles ou immeubles qu’ils avaient donnés au défunt et qui feraient encore partie de son patrimoine. Conclusion : Même si le conjoint survivant jouit d’un statut privilégié résumé dans le tableau ci-dessous, assurer l’avenir de son conjoint peut s’avérer une précaution utile.
Enfants laissés par le défuntDroits du conjoint sur la successionDroits des autres héritiers en présence du conjoint survivant
Enfants issus du couple : 1 ou +À son choix, soit :
  • la totalité de l’usufruit

  • le 1/4 en pleine propriété
Selon le choix du conjoint
soit :
  • la nue-propriété en totalité

  • soit les 3/4 en pleine propriété
Un ou + enfants issus d’une autre union 1/4 en pleine propriétéEnfants : 3/4 en pleine propriété
Sans enfants ni petits-enfants
> les 2 parents en vie
1/2 en pleine propriété1/4 en pleine propriété pour chacun des parents
Sans enfants ni petits-enfants
> 1 seul parent en vie
3/4 en pleine propriété1/4 en pleine propriété pour le parent encore vivant
Sans enfants ni petits-enfants
> les 2 parents décédés
Totalité de la succession Frères et sœurs du défunt : aucun droit, sauf sur la moitié des biens de famille reçus des parents (article 757-3 du Code civil)
Défunt ne laisse que des collatéraux (oncles, tantes, cousins, cousines)Totalité de la succession Aucun droit pour la parenté collatérale
La donation entre époux, le testament et l’assurance vie sont des outils permettant d’améliorer la protection et les droits du conjoint survivant. À lire aussi : Qui est exonéré des droits de succession ?
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