L’assurance vie est un énorme paradoxe. D’une part, le placement financier préféré des Français représente près de cinq millions de contrats souscrits chaque année et pèse 1788 milliards d’euros. D’autre part, cette formule suscite encore beaucoup de confusions. Dans bien des têtes, elle rime toujours avec assurance décès. C’est l’histoire de l’amant qui tue le mari pour que la femme récupère le magot. Comment dès lors expliquer son succès sans égal au royaume de l’épargne ?
La réponse tient d’abord dans des effets d’optique. Pour beaucoup, assurance vie est synonyme de sécurité. Après le succès des monétaires au début des années 1990, les Sicav, elles aussi, avaient dû affronter le même problème.
Ces deux placements sont des enveloppes : l’éventuelle sécurité dépend donc des investissements réalisés à l’intérieur. On peut ainsi perdre de l’argent avec une assurance vie. Visiblement, certains ne l’avaient pas compris, comme en témoignent les nombreux procès faits aux assureurs pour manquement à leur devoir d’information.
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Second effet d’optique : environ un tiers des Français détiendraient une assurance vie alors que ce placement représente les deux tiers des mouvements de l’épargne financière. De toute évidence, les ménages aisés en ont fait leur véhicule d’épargne numéro un. Par ailleurs, le succès attire le succès et aiguise les appétits. Aujourd’hui, on trouve ainsi des contrats dans tous les réseaux de commercialisation, y compris dans certaines grandes surfaces !
Inutile toutefois de nier la réelle utilité de ce placement. Quand un épargnant a souscrit un contrat, qui plus est de qualité, il comprend vite à quoi peut lui servir son assurance vie. C’est un outil d’épargne, sur lequel il peut se constituer une cagnotte. En prenant des risques ou non.
C’est un fournisseur de revenus, à la carte. Idéal notamment dans l’optique de la retraite. Et c’est encore un instrument de transmission hors pair, le seul, en fait, à échapper à la succession. Parfait cette fois-ci pour gratifier un proche non héritier, sans subir les foudres du fisc.
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