Augmenter le rendement de son assurance vie

Les investisseurs font le constat amer d’une baisse régulière du rendement de leurs contrats d’assurance-vie, et principalement des fonds euros qui devraient inéluctablement continuer à décliner.

Comment anticiper ce déclin et booster un rendement devenu poussif… ? Quelques recettes pour améliorer les résultats de votre contrat et lui conserver son intérêt.

augmenter-le-rendement-assurance-vieUn déclin inéluctable…

Tout le monde s’accorde sur le fait que pour 2016, le rendement moyen des fonds en euros ne devrait pas dépasser 1,90 % avant prélèvements sociaux.

La raison en est la faible rémunération des obligations souveraines qui servent de base aux placements des fonds confiés aux assureurs.

Ces obligations atteignant souvent même des taux de rendement négatifs (en clair, avec un taux négatif, l’assureur paye pour placer son argent…). Et ces taux négatifs gagnent même les obligations dites « corporate », c’est-à-dire celles émises par de grands groupes privés (comme Sanofi et Saint-Gobain par exemple).

L’évolution prévisible des marchés obligataires dans les années à venir et le respect des normes de solvabilité imposées par l’État, obligent les assureurs à une prudence accrue dans la gestion de l’épargne confiée.

Mais entre une stagnation du rendement des obligations à un taux plancher (1 % au mieux dans les 3 à 5 ans d’après les analystes) et une remontée trop brutale qui pourrait avoir pour conséquence des déplacements massifs d’argent vers des produits plus rentables, (c’est dans le but d’éviter ce phénomène qu’a été mis en place la procédure de spoliation financière instaurée par la loi Sapin 2 qui met votre argent à la merci des décisions du Haut Conseil de la Stabilité Financière – le HCSF-, organisme destiné à protéger les assureurs avant que de protéger votre épargne), il existe sans doute une voie médiane…

D’autant qu’une analyse minutieuse de la situation montre qu’elle n’est pas aussi catastrophique :

L’année 2015, déduction faite des prélèvements sociaux et d’une inflation presque nulle, laisse apparaître en moyenne un rendement réel de l’ordre de 1,50 % avant impôt. Soit le double du livret A et supérieur au 1,27 % net de prélèvements sociaux du PEL pour 2016.

Mais des avantages non négligeables

Ne perdons pas de vue les avantages des fonds en euros :

  • le capital net de frais est garanti ;
  • il est disponible rapidement (sauf gel par le HCSF) ;
  • les intérêts perçus annuellement sont sécurisés par l’effet de cliquet ;
  • il n’y a pas de limites au montant des versements ;

Des disparités entre les contrats

Ainsi les meilleurs des contrats obtenaient un taux brut de l’ordre de 3,80 %, voire plus, alors que d’autres plafonnaient à 1,50 ou 1,60 %…

Prenons l’exemple d’un contrat en euro qui a rapporté 3,82 % avant prélèvements sociaux. Il ressortait à 3,23 %, net de charges sociales.

Imaginons que le contrat n’ait pas encore d’ancienneté fiscale et que le souscripteur soit contraint néanmoins à retirer son argent en optant pour le prélèvement libératoire à 35 % (le plus mauvais cas pour un épargnant) ; cela lui laissant malgré un rendement net après impôt de 2,10 %.

Pas mal, dans le contexte actuel, pour un placement sans risque. Non ?

Même si pour 2016, compte tenu d’un côté, d’une baisse des rendements et de l’autre, d’une inflation regrimpant en raison de la hausse des cours du pétrole, on peut s’attendre à des résultats moins bons.

Les pistes à suivre pour augmenter votre rentabilité

Il existe de nombreux critères à prendre en considération pour augmenter le rendement de son contrat d’assurance-vie, nous vous délivrons les cinq primordiaux.

1) Choisir un contrat performant

C’est la première étape d’une stratégie gagnante. Entre 3 % et 1,5 % nets, vous imaginez facilement la différence de résultats au terme d’un placement sur 10 ans ou plus…

Scrutez donc le NET à la recherche des contrats ayant offert les meilleurs rendements nets de frais sur les années passées (même si le passé d’un contrat ne présume pas de son futur..).

Rappel :

Le taux annoncé par les assureurs est généralement communiqué frais de gestion déduits, mais avant prélèvements sociaux.

Conseil :

Et si le contrat que vous avez souscrit il y a quelques années n’est plus à la hauteur et vous déçoit, envisagez de le clôturer pour en ouvrir un autre (s’il a plus de 8 ans, vos gains ne seront pas imposés et si vous optez pour un contrat sans frais d’entrée, vous réinvestirez la totalité de la somme récupérée qui sera immédiatement productrice d’intérêts) ; ou laissez-y seulement un minimum pour conserver l’antériorité fiscale du contrat.

2) L’absence de frais sur versement

Que votre contrat ne comporte pas de frais d’entrées (ou du moins des frais très modérés) est un important critère de choix.

N’oubliez pas que dans la situation concurrentielle actuelle, les frais d’assurance-vie peuvent se négocier aisément, alors n’hésitez pas !

3) Prendre en considération le montant des frais de gestion

Gardez à l’esprit que des frais de gestion élevés , même sur un contrat sans frais d’entrée, à long terme (8 ans ou plus) seront plus pénalisant que des frais de gestion modérés appliqués sur un contrat aux frais d’entrée réduits ;

Exemple : Au bout de 5 ans, un capital de 10 000 € placé au même taux de rendement, variera de 11 592,60 € à 12 087,80 €, selon qu’il est placé sur un contrat sans frais d’entrée, mais avec des frais de gestion à 2 % l’an, ou sur un contrat avec 3 % de frais d’entrée, mais avec des frais de gestion limités à 0,5 % l’an.

Résultat a rendement égal avant frais

Contrat 1

Contrat 2

 
  • frais d’entrée: 0 %
  • frais de gestion : 2 %
  • frais d’entrée : 3 %
  • frais de gestion : 0,5 %
Valeur initiale du contrat au 1er janvier

10 000 €

9 700 € (10 000- 300 de frais sur versement)

En fin de 1ère année

10 300 €

101 365 €

Fin de 2ème année

10 609 €

10 592,60 €

Fin de 3ème année

10 927,20 €

11 069,20 €

Fin de 4ème année

11 250 €

11 567,30 €

Fin de 5ème année

11 592,60 €

12 087,80 €

Soit un gain de 495,20 € sur 5 ans, soit en moyenne 0,9904 % par an de plus pour le contrat n°2. Le gain ne faisant qu’augmenter avec la durée du contrat grâce à l’effet de cliquet.

4) Privilégiez une diversification des supports d’investissements

Abandonnez la gestion de vos avoirs sur les seuls fonds en euro et optez pour une diversification prudente de vos supports d’investissement.

Une stratégie d’optimisation de votre contrat passe inévitablement par une prise de risque modérée, et donc par l’acceptation d’une part d’investissement sur des unités de compte (fonds en actions, fonds obligataires, fonds immobiliers, etc.).

D’ailleurs, il semble difficile de pouvoir faire autrement à brève échéance, puisque les assureurs l’imposent déjà et durcissent leur politique à l’ouverture des contrats (plafonnement des sommes investies en euro, souscription d’un minimum en U.C., etc.).

Et surtout, apparition de contrats qui ne garantiront plus les sommes investies nettes de frais, mais brutes de frais de gestion, ce qui à terme, laisser présager que votre contrat perde de la valeur si le rendement d’une année donnée, vient à être nul (puisque bien sûr, les nouveaux contrats ne comportent plus de rendement minimum garanti contractuellement).

5) Choisissez un mode de gestion qui vous convient vraiment

Optez pour un type de gestion de votre contrat en accord avec vos connaissances financières et le temps dont vous disposez pour gérer votre contrat.

La gestion libre demande du temps et des connaissances, alors qu’une gestion pilotée ou profilée sera moins contraignante et plus sécurisée.

Pensez aussi à opter pour les divers outils (les « options de gestion ») proposés par les assureurs pour vous aider dans votre gestion.

Certes, certains ont parfois un coût, mais ils vous apporteront une souplesse et une sécurité supplémentaire. C’est notamment le cas de l’option « Stop loss ».

Si vous êtes un investisseur néophyte, ne compliquez pas les choses : un fonds en euro et 2 ou 3 fonds diversifiés au maximum.

Et surtout, n’investissez pas de grosses sommes d’un seul coup. Préférez un investissement par versements réguliers qui lissera le prix d’achat au lieu de risquer d’investir lors d’une forte hausse passagère.

L’épargnant confirmé, capable d’évoluer en toute autonomie et d’analyser les offres, pourra utilement viser des produits plus complexes (notamment trouvés sur Internet).

Il pourra ainsi ajuster son allocation de façon plus pointue entre fonds sécurisés et fonds plus risqués, à condition d’assurer un suivi régulier lui permettant une réactivité rapide et un ajustement par des arbitrages en temps voulu.

C’est ainsi qu’il pourra envisager les fonds dits « euro alternatifs» plus performants, mais aussi plus risqués que sont notamment, les fonds « euro immobiliers », les fonds « opportunistes », les fonds « euro dynamiques » et les fonds « euro croissance », mais aussi des produits structurés basés sur les indices.

Pensez aussi aux SCPI permettant d’investir dans l’immobilier (notamment d’entreprises), avec un niveau de risque mesuré et un objectif de rendement intéressant. Et, pour les investisseurs avisés, aux trackers, plus risqués, qui sont réservés aux épargnants pariant sur l’orientation des marchés financiers.

Nos Conseils


  • Pour limiter les risques ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier ! Répartissez vos investissements sur différents fonds : fonds en euros, « prudents », « équilibrés » ou « dynamiques ». Cette politique ne vaut que pour un investissement à moyen terme (5 ans au minimum) ou de préférence à long terme. En de ça, mieux vaut ne pas s’aventurer sur les unités de compte qui sont trop sensibles à la baisse des marchés.

  • Sachez prendre vos plus-values en sécurisant vos gains à partir d’un certain pourcentage, avant de les voir fondre.

 

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